lundi 24 décembre 2012

Everytime my balance was fine, I was just walking on one fine wire.


Il y a tant de choses que je me suis promis de faire une fois que la prépa serait finie. La première était d’écrire, écrire plus et laisser des traces de mes passages, beaucoup plus heureux que ceux reliés à la prépa. Mais il y a une vérité, écrasante : on n’écrit beaucoup moins et même moins bien quand tout va bien. Car oui, je vais bien, tout va bien (parenthèse du soir de Noël que je hais du plus profond de mon âme et conscience). J’ai intégré une jolie école, les Mines de Nancy, celle qui me faisait rêver, des étoiles dans les yeux dès l’ouverture de ce blog. Je suis fière du chemin accompli. Quand je suis retournée dans ma prépa il y a un peu plus d’un mois, j’ai eu le cœur rempli d’émotions contradictoires. À la hâte de revenir pour savourer mon moment de gloire, a succédé la crainte en repassant devant certaines salles de colle. Puis l’excitation, la frénésie de revoir ces têtes connues, les traits détendus, le sourire aux lèvres, à mon image. Puis l’immense fierté en parlant aux anciens profs, en réalisant le chemin parcouru, la volonté de fer, l’envie, la rage parfois, les larmes, souvent. Enfin, l’effondrement. Car oui, après le 17 novembre 2012, j’avais accompli toutes mes missions et la prépa est maintenant un chapitre clos dont je pense avoir tiré tous les enseignements possibles. Maintenant, il faut juste que je le mette en mot car une autre chose que je m’étais promise en prépa est qu’une fois qu’elle serait finie, j’écrirai une lettre ouverte pour raconter son enfer, ses hauts, ses bas, les écrits, les oraux. Ouverte à qui ? Aux taupins, aux autres, à ceux qui veulent comprendre, à ceux qui le doivent.
Je disais avoir tiré tous les enseignements possibles. Je ne dis pas que cela a été immédiat. On fait des conneries en arrivant en école, des conneries aussi grosses que soi. On pense que parce qu’on a dit non à tout pendant deux ans, il faut dire oui à tout pendant deux semaines. Alors on rencontre des gens, on embrasse, on donne son numéro de téléphone, on découche, on baise, on chope encore, on blesse des gens qui nous suivent depuis des années parce qu’ils ne nous reconnaissent pas. Et un beau jour, on réalise que ce n’est certainement pas parce qu’on a dit non à tout qu’après on doit dire oui à tout. On réalise que ce que notre père nous disait, que le trop est l’ennemi du bien, se révèle être vrai. On s’en veut, on adresse des mea culpa, on prend des murs, on paye les pots cassés pour se retrouver et pour retrouver nos alter ego. J’ai laissé une part de maturité en prépa, j’en ai conscience et je peine à la retrouver. C’est un comble, vouloir se retrouver un peu comme en prépa ? Non, on veut juste se reconnaître et s’assumer. Alors c’est comme un ordinateur, on essaye de trouver le point de restauration système, le moment où tout allait bien. On se trompe, encore. La marche arrière n’est pas possible. Il faut aller de l’avant, c’est ça s’assumer. Ce n’est pas se cacher derrière une image qu’on a de soi, c’est la reconstruire. On s’est détruit, on a reconstruit, on s’est puni. Et aujourd’hui, après avoir navigué entre les limbes, je crois que ça va. Je sais juste que je n’ai pas fini de construire ce bonhomme de chemin. Que la prépa, c’est pas comme une épreuve traumatique mais presque, que pour certains il y a un temps de convalescence et j’en fais partie parce que je l’ai vécue à fond. Sûrement trop, mais je sais aussi que si c’était à refaire je le referai. Afin de n’avoir aucun regret.
Je me souviens encore aujourd’hui, et je pense que je m’en souviendrai toute ma vie, du moment où j’ai vu qu’en face de mon nom, il y avait écrit « Ecole Nationale Supérieure des Mines de Nancy ». Je me souviendrai de l’immense soulagement, des jambes qui ont cédé sous moi, de mes larmes, mes premières larmes de joie en prépa. Enfin hors de la prépa, car c’était fini. À ce souvenir, ainsi qu’à celui des oraux mais pour des raisons bien différentes que j’expliquerai peut-être un jour, il m’arrive encore de pleurer. Le chemin parcouru. Celui qu’il reste encore à parcourir. L’éternel recommencement.
2013 arrive. Je n’aurai jamais cru que 2012 aurait été un si beau cru. Je l’avais fêté pourtant avec (presque) toutes les personnes importantes à mes yeux. Toutes ces personnes ont eu ce qu’elles désiraient, elles ont réussi. Nous ne pouvions être plus fiers de nous. Dans quatre jours, j’aurais toutes (encore une fois presque) ces personnes autour de moi pour fêter mes vingt ans. J’aimerais leur porter autant chance que ce qu’ils m’ont porté durant cette année forte en émotion. Emotions dont je ne pourrai pas toutes parler.
Il paraît qu’il est l’heure, après avoir fait sa liste au père Noël, d’établir sa liste de bonnes résolutions. Tenir mes promesses faites en prépa me semble être un premier pas. Garder mes amis autour de moi me semble le plus important. Réussir ce que j’entreprends me semble le plus raisonnable. Vivre me semble le plus indispensable. Conjuguer tout cela sera donc l’objectif de 2013.

lundi 4 juin 2012

Stop being so laissez-faire, we're all scared of the future.





Je me suis coupée les cheveux. Mais genre beaucoup, genre dix centimètres en moins. J’ai même ramené une mèche à papa pour lui prouver, lui qui me dit toujours quand je rentre de chez la coiffeuse « Tu n’as rien enlevé ! » On a mis la mèche dans une enveloppe, je l’ai refermée et datée a 1er juin 2012.
La cohabitation avec mes cheveux était certes difficile ces derniers temps, mais je crois bien qu’au delà de ça, c’était le moment. Nous étions le 1er juin et comme tous les jours depuis le 23 mai, j’ai la boule au ventre d’attendre, d’attendre sans cesse ces foutus premiers résultats. Je l’ai quand je me réveille en sursaut après avoir fait le cauchemar, rituel de chaque nuit. Le matin, parce que j’ai mal dormi et que je réalise qu’on s’en rapproche dangereusement. Midi, soir, la même guerre. J’ai cru qu’en me coupant les cheveux, la boule au ventre partirait peut-être je ne sais pas. Pourtant, même si je ne fais plus de biologie (ou Sciences-et-vie-de-la-Terre en nom très pompeux), je vois quand même bien que le ventre est pas trop proche des cheveux (non, si ? non) et donc je ne sais quel miracle scientifique (haha il a bon dos le scientifique) aurait pu se produire. Celui d’avoir Centrale Paris ? Je ris. J’ai ri quand MC. en a émis l’idée, pourtant il semblait sûr de lui, mais je ne veux pas me leurrer. Je demande juste Nantes pour pouvoir faire architecte peut-être, pour me rapprocher de mamie, pour être avec C. et voir M. plus souvent. Alors voilà, il est 22 heures 41, je continue à tracer des plans sur la comète, à consulter les simulateurs d’admissibilité, à compter les notes qu’il faudrait avoir pour espérer réussir, à revivre les épreuves écrites, à anticiper les orales et se dire que putain, épreuve, ça porte bien son nom. Je suis éprouvée. Je suis fatiguée et j’aimerais savoir au lieu de douter.
Pourtant, le jour J, je crois que je n’arriverai pas à aller sur le site et parcourir le listing. Car, comme chaque nuit depuis deux semaines, j’aurai peur de ne pas trouver mon nom, nulle part, aucune place pour moi et mes rêves. Pliez bagage, passez par la case départ, ne prenez pas 20000€, seulement un an de plus en prépa.

lundi 23 avril 2012

Eyes wide open.



 
Quand j’étais petite, que j’avais douze ans, je me demandais quelle tête j’aurai le jour où je passerai mon bas. Le jour où j’aurai 18 ans me tracassait aussi beaucoup, je me demandais. Serais-je foncièrement différente ? Comment aurais-je évolué ? Mes cheveux seront-ils longs ? Courts ? Serais-je toujours rousse ? J’avais des questions qui peuvent sembler superficielles, mais bon j’avais douze ans, et j’ai jamais dit que j’étais très fute-fute à cet âge.
Je ne me suis jamais posée la question de comment je serai la veille du jour des concours. Je suis rentrée en prépa en sachant la finalité. Après tout, je suis en classe préparatoire, je me prépare à des concours, je suis là pour ça. Et pourtant, j’ai toujours fermé les yeux sur cette échéance, la repoussant chaque fois un peu plus loin. Je me disais « Ce n’est vraiment pas pour tout de suite, gère les soucis du quotidien d’abord. » Mais voilà, aujourd’hui, j’ai 19 ans, je suis en prépa depuis un an, sept mois et très exactement dix-neuf jours et je vais passer des concours qui détermineront les cinq prochaines années de ma vie. Mais ça va, c’est étrange. Je n’ai même plus la boule au ventre. Ce soir, il n’y a rien d’autre que les oiseaux, la pluie et mon cocon chez mes parents. Ce soir, j’ai à nouveau douze ans quand je rêvais à quand je serai grande, que j’aurais 18 ans et un appart, que je serai libre, que j’aurais un petit copain, que je ne rentrerai pas tous les week-ends chez mes parents. On est effectivement assez loin de ce que je m’imaginais. Mais ça ne m’empêche pas de recommencer à envisager. À envisager le jour où j’entendrai les mots « Vous êtes élève ingénieur » résonner. Et que tout ce que j’attendais pour mes 18 ans finira par venir. Une vie, une jolie petite vie.
Après-demain, je serai seule. Je sais que j’ai beaucoup de gens derrière moi. Mais je serai toute seule face à la feuille de composition du concours Mines-Ponts. J’ai entendu beaucoup de choses, j’ai souhaité beaucoup de choses aux autres. Mais une des plus belles phrases que j’ai lues à propos de cela a été, et ce sans hésiter : « Je ne vous souhaite pas de la chance, mais de la réussite. » Quand on réussit, on n’a pas besoin de chance. On s’en sort, indemne, fort, et meilleur que les autres, car c’est cela qu’on vous demande. On atteint ses buts. Ceux qu’on avait quand on avait douze ans. Ceux qu’on a maintenant, le fameux élève ingénieur. J’aimerais juste ne pas avoir fait tout ça pour rien. Je serai seule et j’espère que je vais réussir.

Sinon, j’ai loupé à deux secondes et cinquante centimes une vente sur eBay de chaussures Maje que je poursuis depuis deux ans, donc je suis dégoûtée.
Je n’envisage pas que le fait d’être ingénieur mais aussi d’avoir ces jolies choses à mes pieds. On fait ce qu’on peut, hein.

Photo : Chicago, le Bean.

dimanche 22 janvier 2012

Inception.




J’écoute cette incroyable bande originale de cet incroyable film. Inception. J’écoute Time et putain, je sais que je suis une pleureuse, je sais que je n’ai pas de dignité et qu’il faudrait que j’en ai, je sais que je ne devrais pourtant pas mais j’ai les larmes aux yeux à chaque note, à chaque mouvement d’archer sur le violon. Le violon, qui me fait penser à S., parce que S.  en joue depuis presque 15 ans. Et quand je pense à S., je pense à L. et je pense que je suis jalouse, et que c’est moche d’être jalouse de sa meilleure amie alors qu’elle est heureuse. Alors je ne sais pas ce qui est le plus moche entre jalouser sa meilleure amie parce qu’elle a un vrai amoureux, et haïr sa vie, et finalement, je me demande si ce n’est pas exactement pareil, si ce n’est pas exactement le même problème. Je pense à ma vie, je pense à ce week-end, où j’ai travaillé 18 heures et où je n’ai pas fait tout ce que j’ai voulu faire. Je pense à ce cauchemar, récurrent, où je me retrouve sans rien, sans rien, sans aucune école à la fin de ces deux années alors que les autres, toujours les autres ont réussi. Je penses à Nantes, je pense à C., je pense à M., je pense à eux que je verrai souvent si j’étais à Nantes, que Nantes oui, ça serait bien, c’est près de chez Mamie en plus. Je pense à Nancy, parce que les mines de Nancy aussi, ça serait bien, parce que si S., réussit médecine et elle le doit, et qu’elle fait odonto, elle sera elle aussi à Nancy et qu’être dans la même ville qu’une de mes cinq meilleures amies du collège, ça serait quand même extraordinaire. Je pense à ces cinq filles qui étaient autour de la table ce matin, pour le brunch d’anniversaire de l’une d’entre elles. Je pense à nous, qui nous connaissons depuis six ans. Je pense à nous, qui avons grandi, évolué, qui se sont perdues, se sont retrouvées, se sont haïes, se sont aimées, se chambrent, s’écoutent, se parlent, se regardent, sont complices. Je pense que j’ai malgré tout, malgré cette putain de vie, une chance extraordinaire de les avoir et qu’elles valaient bien, qu’elles valaient mille fois que je travaille dix heures samedi pour avoir trois heures à leurs côtés autour de pancakes au nutella et de scones et de clémentine et de cakes qui datent du nouvel an, mais qu’on a décongelés. Je pense que cette note ne ressemble à rien, si ce n’est au monologue magnifique de Sarah Kane donc M. m’a fait l’interprétation, au son de Soaop & Skin, et que c’était magnifique et que si un jour quelqu’un ne me dit que le dixième de ces mots en les pensant, je serais amoureuse. Je pense encore que ça n’arrivera pas demain, car il reste encore 6 mois et demi d’enfer sur terre, d’enfer sans vie tant les flammes brûlent et écrasent tout sur leur passage, les rêves, les amours, les espoirs, les egos, les orgueils, la culture, le salut. Je pense que j’aimerais être dans 7 mois, pour savoir ce que ma vie sera, car je l’espère meilleure. Je pense que je dois dormir. Je vais dormir. Mais s’il vous plaît, écoutez Time, encore une fois.

jeudi 12 janvier 2012

Heaven is a place I learnt with you.



2012. Je n’ai toujours pas de mec. Bien que j’en ai allumé un le week-end dernier, et que je m’amuse encore un peu depuis. J’ai de nouvelles ballerines, des Anniel à paillettes que M. n’aime pas, ce que je peux comprendre. Je n’aimais pas les paillettes. Et puis il y a eu le nouvel an, l’effervescence et ma robe toute à sequins. Et la folie des sequins m’a rattrapée, même une fois le nouvel an fini et les paillettes rangées au placard, la robe à l’odeur de vin rosé et d’une très bonne soirée. C’est les soldes et j’ai donc acheté ces ballerines à sequins. J’ai aussi acheté de très beaux sous-vêtements que seuls mes draps verront et une autre paire de chaussures, des derbys camel et une cape camel. Oui, outre les paillettes, j’aime aussi le camel. Je n’ai pas acheté de vêtements à proprement parlé parce que toute la journée j’oscille entre mon pyjama, mes jeans et mes sweats ramenés des US, informes okay, mais confortables et doudou et moi, si je veux la réussite en 2012, j’ai besoin de doudou.
La réussite. Je ne souhaite que ça cette année. Comme on a dit avec R., 2012 année de la touze, pour nous ça commencera en septembre, quand on sera dans notre jolie école d’ingénieur, loin de la prépa, loin de Marseille mais aussi loin de l’autre. Et c’était peut-être cucul, mais à minuit, j’étais contente de lui sauter dans les bras et de l’entendre dire qu’il espérait qu’on passerait encore de jolies années ensemble. Nous ne sommes pas un vieux couple, non. Nous en avons joué auprès des neuf autres personnes présentes ce soir-là, mais nous ne sommes pas un vieux couples. R.  est mon meilleur ami. J’allais écrire « juste » mais non, c’est déjà énorme. Il sera le seul que je regretterai de ces années difficiles et douloureuses, le seul que je ne voudrais pas mettre derrière moi.
2012. Mes voisins baisent toujours à partir d’horaires étranges, comme ce soir, alors que j’aimerais bientôt dormir. Je n’ai toujours pas de mec non. Et Crétin n’est plus que de l’histoire ancienne, évaporée, insipide, inexistant. Alors je me suis amusée avec un autre ce week-end, rien de grave. J’ai juste dansé, dansé très serré et c’était bon, je l’avoue même si sans alcool (non la fête n’est pas plus folle), je ne comprends pas pourquoi j’ai été attirée par lui. Je crois que ce soir-là, lui ou un autre, ça aurait été pareil. J’avais juste envie de me défouler, d’en profiter. Ce week-end au ski fut la seule pause de l’année. Après les concours blancs et les vacances de Noël à réviser, avant les vraies révisions, les vrais concours. Alors oui, je me suis amusée et que j’ai hâte mon Dieu, que j’ai hâte de m’amuser encore plus en septembre, quand je serai aux Mines de Nancy ou à Centrale Nantes, qu’on sortira à Paris avec M., qu’on ira voir C. Qu’on jouera au tarot. Qu’on se payera une téq paf. Du bonheur en boîte.
Alors oui, la réussite. S’il vous plaît.


Lana del Rey. Lana del Rey. Lana del Rey. Lana del Rey. Lana del Rey. Lana del Rey. Lana del Rey.

dimanche 30 octobre 2011

We found love.



Il y a cette chanson de Rihanna qui tourne en boucle, en duo avec Calvin Harris, si on peut appeler ça un duo. J’adore Calvin Harris, je sais, c’est très mal mais moi j’ai fondu pour I Created Disco et Ready for the Week-end n’a rien arrangé. Donc j’aime ce petit DJ anglais ou écossais je ne sais plus et j’aime encore plus ce duo avec Rihanna. J’ai aimé l’écouter à fond dans ma voiture, seule en sortant de chez la coiffeuse ou dans la voiture encore, avec mes quatre meilleures amies dedans – il en manquait un à vrai dire. Je n’ai plus de problème avec le fait d’écouter de la daube, j’assume, c’est moche. Pour rattraper, je compense avec le dernier Coldplay et le dernier Oasis euh pardon Noel Gallagher (quoi, j’ai pas dit que c’était pareil hein). Mention spéciale à Charlie Brown pour Coldplay et AKA… Broken Arrow pour le frère Gallagher. Ecoutez si vous voulez, moi en tout cas, je ne m’en lasse pas.
Je suis en vacances, c’est du domaine du miraculeux. En fait pas du tout, je travaille quand même huit heures par jour. Mes plaisirs se résument à parler à M. quand je veux, appeler L. trois fois par semaine, regarder des séries et parler avec mes parents. Je vous jure que c’est déjà pas mal. Je ne suis plus à Marseille. Je suis loin de cette ville maudite. Je suis loin du lycée Thiers et de ses malheurs qui vont me retomber inexorablement dessus dès jeudi matin 8 heures, ouvrant les hostilités avec quatre heures de DS de maths. Je suis sûre que vous êtes tous très jaloux, n’est-ce pas ? Trêve de plaisanterie. Nous sommes un dimanche soir, je suis chez mes parents et ce moment est véritablement sacré. Je vais me coucher ce soir après un épisode de Grey’s Anatomy, j’aurai ma bouillotte sur le ventre ou la tête pour évincer la migraine qui me tanne depuis quatre jours, et j’oublierai qu’il me restera 3 jours ici. Le temps passe vite quand tout va bien. Oui c’est cliché mais c’est tristement vrai. J’aimerais que cela passe plus vite quand je suis à Marseille. J’aimerais être sûre que tout s’accélère jusqu’à une fin heureuse. Paris, mamie à une heure de train, M. à deux stations de métro, mon écharpe bleu nuit, ma marinière, mes chaussons chez elle, les soirées dans le Marais, les mecs qu’on irait chercher, les dimanches à décuver. Et même si ce n’est pas Paris, Lyon m’irait car il y aurait la petite crevette pas loin, et L. et S. à une heure de train, alors je dis oui. Parce qu’il est terrible de vivre loin des gens qu’on aime et ave qui on aimerait tout partager.
Jeudi soir avant les vacances, je suis allée au restaurant avec les gens de ma classe et les profs. C’était étrange. Au bout de trois heures, j’avais épuisé mon cota d’hypocrisie pour la soirée. C’était éreintant les sourires et les faux-semblants. J’ai fui le sacro-saint dernier verre comme une voleuse, lui préférant appeler L., qui était à une soirée, bourrée mais avec une capacité impressionnante d’écoute et de compréhension. Il ne m’avait pas fallu ce quart d’heure au téléphone pour le savoir, mais L. me manquait beaucoup, S. aussi, sans parler des autres. J’étais amère. Elles me manquaient et c’était avec elles que je voulais boire un verre ce soir-là. Papa me disait que les lieux importaient peu quand il y avait les gens qu’on aime qui nous entouraient. Je ne savais pas à quel point il avait raison jusqu’à l’année dernière. Et cette année, encore.

samedi 8 octobre 2011

When I was a child, I was a jedi.




Mes pieds sont froids. Ça m’apprendra à mettre des ballerines avec mon chino (le même que M. alors à chaque fois que je le mets, je pense à elle) alors qu’il y a un mistral qui souffle au dehors à cent kilomètres heure. Il faisait froid dans ce garage mais nous étions nombreux et c’était chouette de revoir des visages connus. Nous fêtions les 25 ans d’un ami commun, je me suis sentie jeune et surtout envieuse à les voir. Surtout ce couple. Elle française, lui allemand, colocs en Irlande puis en couple, elle a ramené son berlinois en France et ils étaient vraiment beaux. Je suis vite partie. Mon réveil sonne dans un peu plus de sept heures. Aujourd’hui j’ai travaillé dix heures. Je suis malade. Je me plains. C’est moche.
Le dernier album de Feist est vraiment très bien. Je mets une mention toute particulière à The Bad of Each Other et A Commotion. C’est le premier album que j’arrive à écouter en travaillant et je vous jure que ça change tout, ou presque. Je me sens moins seule dans ces moments là. Je crois devenir folle. Je crois que je n’aime vraiment pas ma vie. J’ai conscience que cela est un choix de ma part, un sacrifice que j’ai accepté de faire pendant deux ans, mais c’est plus facile à dire qu’à faire. Surtout  quand les sacrifices ne payent pas forcément, car vos facilités sont inexistantes tandis que celles des autres cruellement présentes, prêtes à vous écraser.

M., L., et S. me manquent.

mercredi 5 octobre 2011

Metals.

Passer une journée de merde. S'endormir sur le DS de physique à ne pas rater. Être malade. Entendre ses voisins baiser. Télécharger le dernier Feist. L'écouter. Prendre une claque.

dimanche 2 octobre 2011

All we need in our lives is a suitcase.




Aussi loin que je me souvienne, les dimanches soirs ont toujours eu un goût amer.
Il y a eu d’abord tous ces dimanches où il fallait à Marseille pour voir la foutue famille. Se lever tôt le matin, se faire jolie, nouer les cheveux, mettre une robe, afficher le sourire de circonstances et y aller. Nous allions chez ma tante, mon oncle, ma grand-mère. Mon père avait ce besoin irrationnel de voir sa famille une fois par semaine. Je ne sais pas d’ailleurs pourquoi je parle au passé, c’est toujours le cas, de surcroît depuis que je fais mes études à Marseille. Il nous a imposés ce besoin à ma mère et à moi. Aller chez des gens qui auraient voulu ne jamais avoir à entendre parler de nous. La politique de l’autruche. Ils auraient pu en écrire la méthode tant elle est pratiquée à outrance dans ces contrées pas si lointaines. Elle est leur vraie religion, le Dieu hypocrite. Bref, je m’éloigne du sujet. Nous allions là-bas faire bonne figure, jouer à la famille unie, aux cousins complices. Faux. Ma seule famille n’a jamais et ne sera que mes parents. Il me tardait donc d’être le dimanche soir pour rentrer à ma maison et rester avec eux, malgré l’amertume de la journée.
Cela a duré jusqu’au lycée. Il y a eu un incident. Les dimanches ont été passés de plus en plus souvent à deux à la maison, ma mère et moi, mon père là-bas. Un nouveau compromis entre mes parents. Un compromis qui m’arrangeait bien je dois le dire. J’aimais bien ces dimanches à ne rien faire. Mais je détestais le soir, quand mon père rentrait de cet endroit où on avait pu lui laver le cerveau à tout instant. Je ne savais jamais s’il reviendrait avec le sourire ou la colère parce que la reine mère avait fait des siennes. Les dimanches soirs étaient donc emplis de doutes et de culpabilité. Je ne les aimais pas beaucoup plus que ceux d’avant.
Trois ans plus tard, c’était à mon tour de partir à Marseille mais pour des raisons bien différentes que celles qui m’y avait amenée dans le passé. Depuis, la vie s’est inversée. La semaine je suis à Marseille et le week-end je suis à Avignon. Sauf le dimanche soir. Je suis ici, dans mon studio. C’es le seul moment d’accalmie de la semaine. Le week-end est fini, la pile de boulot plus ou moins abattue.  J’ai pris mon train. J’ai passé une demi-heure à écouter de la musique, les yeux fermés, à prier pour que cette vie de chien soit un cauchemar. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, je suis à Marseille Saint-Charles. Soupir. Seul moment d’accalmie pourtant oui, car je n’ai pas à travailler, du moins je me le refuse. Alors je pense. À la semaine écoulée. Aux mauvaises notes, aux remarques désobligeantes, à quelques meilleurs moments, à R. qui m’a avoué que je lui manquais, aux premiers DS de quatre heures. Ce n’est pas tant ça qui a marqué ma semaine. Du moins, j’essaye d’effacer les mauvaises notes et les colles qui se sont mal passées. Ce qui a marqué ma semaine, ce fut jeudi soir. Je suis sortie boire un verre avec quelques personnes de ma classe, une paire d’heure. J’ai regretté, amèrement, ce désir de me sociabiliser. J’ai passé la soirée à entendre que ces jeunes avaient une vie sexuelle débridée depuis leur plus jeune âge, qu’il était impossible de trouver quelqu’un de puceau à notre âge, que c’était ringard, qu’être classe finalement, c’était emballé en soirée, se faire traiter de salope, avoir des histoires de fesses, montrer aux copains qu’on est le plus fort, se faire passer pour une pute. Mais surtout, ne rien assumer de tout cela. Car dès que les mots, les vrais, franchissent les lèvres et même avec le sourire, ils font mal. Et c’est pour ça que cette fille-là, cette fille qui me dit que je suis trop proche de mes parents et que c’est absurde que je n’ai jamais eu personne de ma vie, s’est retrouvée à pleurer. Parce qu’on lui a dit la vérité en face. Que c’était une pute. Mais voilà, quand on le dit de soi, c’est toujours plus facile. On en rit, on efface, on recommence. Quand ça sort de la bouche des autres, ça prend de suite un caractère officiel. Echec. C’est beau de jouer la comédie. Mais qu’en est-il du regard des autres ? Du vent qui effondre le château de cartes. Je préfère être à ma place qu’à la sienne, c’est triste penseront certains. C’est parti pris diront d’autres. Evidemment que ça l’est. Mais si on a plus le droit de puter sur personne, moi je ne suis plus de la partie.
L’autre temps fort de cette semaine a été une conséquence de ce jeudi soir. Crétin s’est mis à enquêter sur moi pour savoir ce que j’avais fait ce soir-là. Ça, ajouté au fait que j’ai appris qu’il avait parlé de « nous » – oui moi aussi j’ai été surprise qu’il y ait un nous – à d’autres gens, il n’en a pas fallu plus pour me mettre en colère. Il voulait voir ce que ça faisait, il n’a pas été déçu j’espère. Il est fou, simplement fou. Et il me fait vraiment très peur pour le coup. Il s’imagine des choses, extrapole. Je ne veux pas être demain. C’est ce que je me dis aussi les dimanches soirs. J’anticipe la semaine à venir et je me dis : « Je ne veux pas être demain ». Ce soir plus que les autres soirs. Les autres soirs, j’ai « juste » la prépa à affronter, et j’ai bien compris que prier pour me réveiller dans un an ne marcherait pas, alors je me prépare. Mais ce soir, j’ai la trouille au ventre de ce que ce mec qui me plaisait il y a trois semaines, pourra me sortir et me péter à la gueule. Encore. Je le hais d’exister. Je le hais de prendre autant de plaisir à manipuler les gens avec une innocence déguisée. Bambi improvisé, j’aimerais qu’un chasseur passe par là et te règle ton sort.
Les dimanches soirs sont des moments étranges. Comme des limbes. La semaine vient de se finir. Une autre va commencer. Et toi tu es entre les deux et tu attends. Tu attends de savoir à quelle sauce tu vas être mangé.

samedi 24 septembre 2011

Looking back.



Comment torturer crétin, le manuel. C’est ce que C. a écrit pour moi, ce que nous avons conçu ensemble pendant une conversation Facebook de 654 messages hier soir. M. a dû rire quand C. lui a raconté. Le but étant d’achever Crétin, de l’achever de jalousie. Car C. a fait un diagnostic que j’ai trouvé très bon. Crétin était ravi que je lui coure après la première semaine. C’est vrai, quoi de mieux pour l’égo qu’une fille qui ferait tout et n’importe quoi pour vous avoir ? Et puis, je suis d’accord avec une chose, le flirt est une période très agréable. Mais bon, là j’ai clos l’affaire et ça ne semble pas lui plaire. Et plus je me refuse à lui, plus ça l’excite comme C. dit. Alors avec C., on essaye de le rendre fou sur Facebook avec des petits mots. C. joue le mec imaginaire. Ça m’amuse beaucoup. Pour le moment, aucune nouvelle de Crétin. Peut-être est-il occupé à baiser sa copine de téléphone. Ou alors en cherche-t-il une autre. J’ai mangé avec E. vendredi midi, accentuant la jalousie de Crétin. E. n’aime pas Crétin, il le côtoie depuis un an et il semblerait que Crétin soit en fait une blague Carambar. Une blague Carambar qui s’invente des coups d’un soir et qui chope deux meufs différentes pendant un week-end ski. Mais rappelons-le, Crétin est fou amoureux de sa copine avec qui il est depuis presque trois ans. Oui, oui fou amoureux d’elle. Crétin compte les jours avant de la revoir. Des fois je me demande ce que sa dulcinée penserait de son comportement, si elle savait. C. avait pensé à ce que je balance tout à sa copine. Je suis une pute, mais pas à ce point. Enfin je crois.

vendredi 23 septembre 2011

If there's a time when your feelings gone, I wanna feel it.




Mes voisins baisent. C’est le deuxième soir que je les entends. La fille gémit plus fort que le mec et honnêtement, quand vous devez prouver en même temps que K[X] est un anneau intègre, je vous assure que c’est pas facile pour se concentrer. Et puis allez, je vais faire ma petite remarque de célibataire endurcie : les couples, ça pue.
Ça pue d’autant plus quand le mec qui vous plaisait la semaine dernière et avec lequel vous auriez volontiers imité vos voisins, se pointe chez vous à l’improviste à dix heures du soir. Je contextualise rapidement : je suis en pyjama, les cheveux ramenés en un chignon, un bon pull doudou Abercrombie & Fitch ramené des US cet été et un sarouel à fleurs. Canon j’vous jure. Et lui arrive, la bouche en cœur, les bras grands ouverts, pensant que je lui ouvrira les miens et, qui sait, je lui ouvrirai peut-être mon lit double qu’il a tant apprécié. Faux, comme dirait notre ami Norman. Déjà, que quelqu’un sonne à l’interphone à cette heure là, c’est flippant. Mais alors, que ça soit le mec qui vous plai(sait). Je l’ai haï à cet instant précis. De me faire si peur, de jouer avec moi, de penser que je pouvais être si faible pour lui succomber d’un claquement de doigt et d’un coup de sonnette à mon interphone. Je l’ai haï alors qu’il aurait pu être chez moi, dans mon lit. Et là, je me suis dit que c’était fini. Trois étapes. La haine puis l’indifférence se sont succédées tellement rapidement en moi que je n’ai rien vu venir. Il n’a jamais passé le seuil de mon appart. Il ne m’a pas touché, je l’en ai empêché et c’est une de mes fiertés de la journée. À chaque jour ses démons. Lui a été chassé. Au revoir.
Depuis j’écoute au volume minimal quelques chansons douces, comme Karma Police ou No Surprises en live au Réservoir. Je remercie E. de m’avoir fait découvrir ces perles de Radiohead, que je ne soupçonnais pas. Je ne reviendrai pas sur le fait que Radiohead me fait habituellement déprimer. Les exceptions se multiplient certes, mais pas de là à en faire une règle générale. E.  a passé une heure chez moi hier soir après les cours. Crétin était horriblement jaloux. « Comment ça il vient chez toi ? Par hasard, il vient le soir de la semaine où t’es le plus stressée ? » Bah oui. Et c’était bien. C’était juste échanger de la musique et parler de cette vie de fou qu’on mène. Mais au fond, je crois que je n’avais besoin que de cela. Un mec, en soit, on en a pas besoin. C’est peut-être ridicule pour ces gens en couple depuis des années, mais je trouve ça vrai. Je peux vivre sans mec. J’ai très envie de certains moments à deux, sous la couette ou en dehors, mais je n’en veux que certains, je ne les veux pas tous et c’est ce qui me fait dire que je ne suis pas encore totalement prête à m’engager dans ce genre de relations qui s’apparentent à celle d’un couple marié à 18 ans. Crétin est englué dans cette relation. Crétin du coup débarque chez les jolies rousses à 22 heures et les traumatise au passage. Je hais Crétin. Oui je me répète et c’est vain. Je disais donc que je ne pense pas avoir foncièrement besoin d’un mec et que je me crois de vivre seule encore un moment. Je veux juste des choses simples, je ne crois pas demander la Lune quand je dis vouloir passer un week-end à Clermont pour voir M. qui me manque tant ou bien aller voir L. et S. à Dijon, les voir à l’hôpital en futures médecins, être fière d’elle. Je veux juste boire un verre de rhum jeudi soir avec E. et ne rien en attendre. Je veux finir cette année de la meilleure façon qui soit, et ça sera sûrement la chose la plus compliquée à réaliser. Je suis égoïste finalement. J’ai envie de l’être. Penser aux autres oui, mais à ceux que j’aurais choisi pour m’accompagner.

lundi 19 septembre 2011

Idioteque.




Aujourd’hui, j’ai décidé que j’étais forte. Oui vraiment, juste aujourd’hui là comme ça. En fait je vous mens un peu, c’était hier. Je faisais mon jogging hebdomadaire, seule activité physique que j’arrive à maintenir à peu près régulièrement depuis que je suis en prépa. Je disais donc que j’avais décidé d’être forte. J’ai décidé que je ne ferai pas 5/2 quoi qu’il arrive, j’ai décidé que j’aurai une putain d’école d’ingénieur (du genre des Mines de Paris avec sa résidence étudiante boulevard Saint-Germain-des-Prés et sa vue sur le Jardin du Luxembourg). Je m’essaye un peu à la méthode Couet j’ai l’impression. Nous connaissant, moi et mon pessimisme inhérent, vous devinez que ce n’est pas gagné, que je tienne cette résolution là. J’ai un regain d’énergie et de force qui me dit que rien ne peut m’atteindre. Je pense quand même que mon orgueil y est pour quelque chose et je m’attends à un sale tour de ce dernier d’un jour à l’autre. Il l’a déjà fait quand je suis rentrée en sup et que j’ai osé imaginer, le temps d’une seconde, que je passerai moi aussi à travers toutes les légendes de la prépa. Forcée de constater que c’est faux, je me suis battue. Et aujourd’hui, je pense que si je me bats comme ça, ça ne peut pas être pour des prunes.
Crétin se tient à carreaux le soir, ça fait 48 heures que j’arrive à avoir une paix royale une fois la porte de chez moi claquée et je peux vous dire que ce n’est pas un fait non négligeable. Mais Crétin est jaloux quand d’autres garçons me demandent mon numéro de téléphone – enfin un autre garçon, n’exagérons rien, on sait tous que le proverbe « Un de perdu, dix de retrouvés » c’est du flan. Crétin m’a fait des avances sexuelles. Puis Crétin a dit qu’il faisait ça à tout le monde. Je suis tout le monde. Je suis confondue dans cette masse de gens qu’il voit au quotidien et dont il se fout des sentiments en tordant les mots. Car oui, je reste persuadée qu’il y a des mots qu’on ne doit pas dire à certaines personnes, qu’on doit réserver pour les plus exceptionnels. On fait attention aux mots qu’on utilise. On arrête de les étirer à l’infini, pensant qu’ils ne vous péteront jamais à la gueule, parce que c’est faux. On respecte les mots. On ne modifie pas leur sens, on en apprend de nouveaux si on manque de nuance, mais par pitié, qu’on arrête de clamer des je t’aime insouciants à de parfaits inconnus. Ou bien prononcer le verbe « faire l’amour » à une fille, sachant que cette fille-là, elle vous apprécie, et que vous faire l’amour, elle serait franchement pas contre (pour les sourds-muets-aveugles-malentendants-dyslexiques-et-autres, ladite fille, c’est moi).
Ce soir, j’écoute Radiohead. C’est un phénomène très rare car d’habitude, Radiohead me fait tomber dans un état dépressif assurément, dans les secondes qui suivent la première écoute d’albums comme Kid A ou bien In Rainbows. Mais E. a tenu à ce que j’écoute, comme je tiens au fait qu’il écoute Midnight Boom des Kills. La seule chanson de Radiohead qui fasse exception à la règle de la dépression est Idioteque. Cette chanson m’envoûte autant qu’elle me calme. Elle me projette sur une plage en hiver. Elle impose le rythme à mes jambes quand je cours. Avec ça, je coupe de tout. Même des crétins et de la prépa. Quand je l’écoute, il n’y a plus que le vide. Et croyez-moi, c’est loin d’être terrifiant le vide. Ça l’est beaucoup moins que les doutes et les incertitudes qui nous rongent au quotidien, parce qu’ils nous obsèdent, mais qu’on n’ose pas y penser. Je clame peut-être qu’aujourd’hui, j’ai décidé d’être forte, mais au fond il reste des failles et quelques doutes. On peut vivre sans. Mais alors, on vit bêtement, on ne pense plus. Je veux penser. Je veux exister.
I'll laugh until my head comes off
I'll swallow till I burst
Until I burst
Until I

Note.

Crétin est jaloux.
C. est parti à Nantes, il ne vit plus avec M., ne sera plus là quand j'appellerai M. pour puter sur Crétin. Donc C. va me manquer. Je n'ai jamais vu C.
J'ai toujours envie de l'étouffer à mains nues. Pas C. Crétin.
Il paraît que je suis charmante quand j'ai un sweat doudou sur les épaules. Il me fait rire. J'ai encore plus envie de le mordre que de l'étouffer finalement.

PS : Un jour, j'arrêterai d'aller sur son mur Facebook et de lire ses conversations avec sa meuf (je dois lui trouver un surnom de pute, avis aux amateurs). Un jour ouais.

dimanche 18 septembre 2011

L'amour. La haine. L'indifférence.




Trois étapes L. a dit. L’amour, la haine, l’indifférence. Je pense, en toute honnêteté n’être jamais tombée dans la première. Cela aurait été malheureux. Et ridicule. Oui c’est surtout le mot ridicule qui me vient à l’idée en pensant à ces filles qui se pâment auprès de leurs beaux mâles acquis tout récemment, leur donnant des surnoms tort-la-rigo (je n’ai jamais su comment cette expression devait s’écrire, avis aux amateurs). Le mien s’appelle Crétin. Crétin oui. C’est M. qui a trouvé ça et je trouve que ça lui colle à la peau. Crétin aux yeux bleus. Crétin mal rasé. Crétin qui parle anglais. Crétin qui me fait craquer. Voyez, ça marche à toutes les sauces.
Cette semaine, j’ai plutôt versé dans la haine. De lui. De sa meuf inexistante, un obstacle invisible à mes yeux comme il dit. Je les ai haïs pendant mes nuits ponctuées de somnifères. Je crois que le pire est en fait maintenant, juste là. À ce point de rupture entre envie et haine. Désir sauvage. Je sais que je lui plais, il n’a pas pu être plus clair et il continue sa drague  deux balles avec ses yeux bleus de Crétin Il me plaît. Mais je n’y ai pas droit. Et c’est bien là le pire. Je suis fille unique. Rien à voir me direz-vous, si ce n’est le fait du cliché de la petite princesse qui obtient tout ce qu’elle veut. Il paraît que je ne suis pas capricieuse, que j’ai fait mentir le cliché. C’est con de lui donner raison à 18 ans mais on ne se refait pas. Un mec, ça vous fait revenir à votre état primaire. Primaire, au sens école primaire. Revenir dans la cour de récré, avec le petit garçon qui vous tire vos jolies petites couettes pour vous prouver qu’il vous aime bien. J’ai eu cette impression là avec lui pendant cinq jours. Cinq jours ouais, rigolez, c’est rien du tout, ça se raye. Mais moi je ne les raye pas parce que je ne comprends pas ce qu’il s’est passé dans sa tête durant ces cinq jours. M. pense que je ne devrais pas les rayer parce que, malgré la fin, ce sont des bons souvenirs. J’hésite encore. J’en suis à souhaiter que tout ceci n’ait jamais eu lieu. J’aurais vécu ma rentrée en spé plus sereinement. Je voulais tout, sauf un mec avec des histoires compliquées. Résultat, j’ai les histoires compliquées, sans le mec et avec une meuf qui s’est rajoutée dans l’équation. J’ai beau savoir que les boules carrées existent dans les mathématiques, j’ai beau réussir à résoudre des problèmes de thermodynamique d’un niveau CAPES, cette inconnue dans l’équation, je ne saurai pas la faire dégager. La haine. Puis l’indifférence. Mais pas pour tout de suite.

Devil in the details.




Il y a plein de choses dont on rêve secrètement. La paire de ballerines souris de Marc Jacobs. Partir en voyage à Amsterdam, ne pas revenir. Rencontrer son idole. Je ne sais pas, ce qui vous vous fait rêver, rêver en grand je veux dire. Chacun a sa liste, conforme à la vision de la vie qu’on a. Mais il je me rends compte que finalement, les détails sont le diable. Je n’arrive pas à transposer l’expression anglaise en français, entendu dans une chanson éponyme de Placebo, Devil in the Details. Mais c’est exactement ça. Vous savez que partir à l’autre bout du monde ne se fera pas demain. C’est un projet, lointain, dont on se plaît à penser, un sourire sur le visage et le regard vague. Vague. L’opposé de détaillé.
Je savais que j’avais envie de lui. Il aura fallu cinq jours à peine. L’affaire était pliée, bouclée, je jurais que s’il m’invitait chez lui dans la semaine, j’aurais revêtu mes plus beaux sous-vêtements et je me serais offerte, simplement. J’aurais craqué. J’ai approché du but, j’ai touché du doigt ces rêves secrets grâce à tous ces petits détails diabolique. Les textos qui font la grande roue dans le ventre. Le ventre justement, qui ne se fait jamais oublier. Les regards. Les clins d’œil. La complicité. Puis le toucher. Les mains sur les hanches. Les chatouilles. Les câlins. Sentir son ossature sous un tee-shirt. Se sentir petite, l’être, mais le ressentir avant tout. Une main dans les cheveux. L’odeur de chez lui.
Vous pouvez rire. Honnêtement, je rirais si je n’avais pas vécu ça il y a moins de 24 heures, or c’est le cas. Franchement, les filles qui s’épanchent sur des mecs imaginaires, ou pseudo-imaginaires, c’est pathétique non ? La drague à deux balles sur les beaux yeux, les cils qui papillonnent, on en a rien à carrer, c’est pas avec ça qu’on construit des relations solides hein ? Et puis, attendez, n’importe quoi sérieux, cinq jours, ou sept, c’est quoi dans un mois, dans une année, dans une vie ? On oublie la plupart des jours que l’on vit. On les laisse derrière nous une fois les paupières closes, prêt à s’enfoncer dans un sommeil paradoxal pour les plus chanceux, une insomnie profonde pour les moins chanceux. Alors réitérer l’opération cinq fois, ce n’est rien. On ferme les yeux, on oublie. Cette fille là, elle est vraiment nulle et cucul, qu’on dira. J’aurais été la première à le dire.
Et aujourd’hui je me sens conne parce que j’ai eu les mêmes envies que ces filles que j’ai jugées pathétiques au premier regard de leur situation. Si j’avais su putain, je pense que j’aurais tourné ma langue sept fois dans ma bouche avant de lancer une méduse à la première venue. Aujourd’hui, je suis la fille à qui on a dit « Il faut qu’on parle. J’ai une copine. Je te le dis avant que ça n’aille plus loin. » Aujourd’hui, je suis la fille qui s’est retrouvée conne dans un appart inconnu avec l’envie de prendre ses jambes à son cou tellement je me suis sentie ridicule. Aujourd’hui, je suis repassée de l’autre côté du miroir et je me suis rendue compte que l’envers était bien plus beau, car pimenté de détails.
L’orgueil. On en revient toujours là. C’est lui qui en prend le plus pour son grade. L’orgueil. Il vous faut un temps incroyable avant d’arriver à le faire taire, d’y mettre les chaînes, de le garder enfermé. Un instant de malveillance et il reprend sa place, trop grande. L’orgueil est le point le plus sensible de notre personne. Ce n’est pas le cœur qui est en cause. Mais l’orgueil, toujours.
Et c’est aussi cet orgueil là qui vous fait dire que l’envers du miroir est bien plus beau. Votre quotidien ne lui suffit plus, il en veut plus. Il vous fait croire que vous avez déjà exploité toutes les possibilités de ce quotidien. C’est peut-être faux. Sûrement même. Il y a des détails aussi dans votre quotidien. Seulement, vous n’y prêtez pas attention. Moi la première. Peut-être faudrait-il commencer par là pour oublier. Au lieu de fermer les paupières et être passive, jusqu’à attendre demain. J’ouvrirai les yeux et je me dirai « Regarde, et emmerde-le monde, particulièrement ton orgueil. » Et ce mec aussi.
Oui, ce mec demain, je l’emmerderai.
On ne grandit pas toujours aussi vite que l’on aimerait.

Préface.


La grande Aventure. Voilà, ça y est, vous avez votre bac en poche, de préférence mention Bien ou Très Bien. Vous êtes fiers de vous. Vous le pouvez. Je ne sais pas encore, avec le recul, si on devrait l’être d’ailleurs. On l’est, car c’est l’aboutissement de la première partie de votre scolarité. Vous l’avez survolée avec plus ou moins de brio. Plus que moins, d’ailleurs. Les gens vous félicitent. Vous vous sentez forts et invincibles. La prépa ne vous fait pas peur. Ce n’est pas faute de vous avoir mis en garde. Mais vous croyez que vous allez passer à travers les rumeurs, les légendes. Et c’est là que vous ne devriez ne plus être fiers de vous. L’orgueil. Un des sept péchés capitaux. Vous allez en souffrir de votre orgueil. Vous étiez le meilleur. Vous étiez celui qui expliquait aux autres. Vous étiez celui que le prof interrogeait à défaut de participant. Le désigné volontaire qui se cachait dans la salle. C’est fini. Pour la plupart d’entre vous, c’est fini. Je suis désolée de vous l’annoncer. Gardez pour vous vos moments de gloire, vos souvenirs de l’été, de vos années lycée qui pouvaient s’apparenter au Club Med comparé à ce que vous allez vivre.
Si vous lisez ça avant de rentrer en prépa, vous direz que j’exagère. Ceux qui y sont passés comprendront. J’écris ça dans le feu de l’action. Je le vis. C’est mon quotidien. Chaque jour on se lève. Une heure plus tard on est en cours. On sort le soir de cours. On a colle. On rentre. On travaille. On mange. On travaille. On dort. Ça sera votre vie pendant deux ans, sauf quelques jours. Vous aurez des coups de blues. Vous perdrez de l’orgueil. Vous prendrez des claques. Vous vous répéterez tous les jours ou presque « Qu’est-ce que je fous là putain ? » ou bien, pire, « Je suis mauvais, je m’en sortirai jamais. »
Il faut une part d’inconscience pour entrer en prépa. Il faut ne pas savoir exactement ce qui nous attend pour accepter de signer pendant deux ans.
Une amie m’a dit : « La prépa, c’est infiltrer un virus dans une classe, la contaminer et voir les plus résistants. »
Et contre toute attente, pour la plupart, vous résisterez. Ça ne sera pas simple. Votre notion du temps, du travail, de la concentration, de l’amitié, simplement votre vision de la vie va changer complètement si vous vous prêtez au jeu. Et c’est ainsi que vous résisterez à la maladie.
J’ai gardé la métaphore de la maladie parce qu’une fois que vous êtes infectés, vous n’en sortez pas indemne. Si vous le ressortiez, jamais vous ne reviendriez en deuxième année. Car, passé le stade psychologique pour ceux qui sont partis de la maison par exemple, qui ont quitté leurs amis, il ne reste vraiment que la prépa. Vous savez exactement ce qui vous attend. Le rythme de travail. Les sacrifices. Le manque de sommeil. Le stress. La pression. Cette pression qui vous permet de faire des choses que vous n’auriez jamais pu en temps normal. Les professeurs. Les remarques désobligeantes. Les colles. Les DS. Le stress, encore. Vous savez tout ça. Et malgré tout, vous y retournez. Vous êtes atteint. Les deux mois d’été entre la sup et la spé ont eu raison de votre orgueil, il a repris vie, s’est revigoré et à nouveau, vous vous croyez invincible.
Vous l’êtes peut-être finalement. Si vous allez au bout, vous aurez appris beaucoup sur vous-même. Vous ne serez plus votre pire ennemi parce que vous vous connaitrez. C’est rare de se connaître à 18 ans. Ou à 19 ans.

Bonne chance à ceux qui commencent. À ceux qui sont dedans.


Alice.